Nouvelle-s d'Imaginarium-s #1

juin 2020

Chèr.e.s ami.e.s de l’Imaginarium-s,

Voici le premier numéro de Nouvelle-s d’Imaginarium-s que nous publierons chaque mois (ou peut-être un peu moins fréquemment…) pour rester en contact, vous parler de nos réalisations, annoncer des nouveaux projets et relayer les vôtres.

Avant de partager quelques nouvelles, nous tenons bien sûr à vous remercier d’avoir participé à l’un de nos événements, de nous avoir aidé à réaliser l’un de nos projets, ou simplement d’avoir témoigné de l’intérêt pour notre démarche et nous avoir fait progresser. Bref, bienvenue à bord de notre jeune communauté d’activateurs d’imaginaires qui s’engagent pour construire l’avenir en récits.

N’hésitez pas à faire suivre ce message autour de vous à des personnes susceptibles d’être intéressées (ou à les envoyer vers la page d’inscription).

Si vous ne souhaitez plus recevoir de nos Nouvelle-s d’Imaginarium-s, vous pouvez bien entendu vous désabonner en bas de ce message.

ET SI…

… nous sortions de l’opposition utopie/dystopie ?

L’Imaginarium-s cherche depuis le début à sortir des approches binaires. Face aux dystopies ambiantes, il aurait été commode de prendre le parti des utopies. Nous ne nions d’ailleurs pas l’utilité de créer des mondes « non situés », des mondes idéals. La recherche de la perfection est une quête en soi mais ce n’est pas la démarche que nous souhaitions développer. Nous sommes trop attachés au réel et à sa transformation. L’imaginaire est trop souvent vu comme une évasion et nous voulions en quelque sorte proposer des utopies réalistes. Mais ce n’était pas satisfaisant de prendre un genre (l’utopie) et de limiter notre champ d’exploration à une part de ce genre (l’utopie réaliste).

C’est là que dans nos discussions, nous avons pensé au carré sémiotique, superbe outil pour comprendre la manière dont le sens se crée au-delà de la simple contrariété ! Un exemple pour se familiariser : prenons l’opposition vivant/mort.  A priori on fait vite le tour de la question : soit on est vivant, soit on est mort ! Mais un non-vivant n’est pas forcément mort et un non-mort à l’inverse n’est pas forcément vivant. Apparaissent alors le fantôme, le zombie, et toute une série d’états où le mort ne peut pas mourir ou le vivant ne veut pas vivre !

Le carré sémiotique permet donc de réfléchir à ce que sont les non-utopies et les non-dystopies. Nous nous sommes d’abord intéressés au design fiction qui construit principalement des non-utopies, dans une critique radicale des utopies technologiques. C’est utile mais parfois un peu donneur de leçon et enfermant… ce qui ramène au dystopique « no future » ! Au sein d’Imagiarium-s, nous avons donc choisi d’explorer la non-dystopie qui rouvre les possibles. La non-dystopie c’est une envie de sortir des impasses, c’est croire à l’à-venir tout simplement parce que nous avons le pouvoir d’agir.

Comment nommer cette non-dystopie ? Eutopie ? Le préfixe Eu fait référence au bien ; et on reste dans le surplomb des catégories morales…   Protopie ? On se projette vers l’avant ; pro a également une connotation positive (pro vs contre). Et pourquoi pas Biotopie ? Un récit situé dans le Vivant, le cap de nos boussoles pour le monde qui vient !

REALISATIONS

Quand le confinement conduit en …2054 !

La série audio réalisée pendant le confinement (en trois semaines !) est en ligne. C’est l’œuvre de 50 créateurs qui ont répondu à notre appel lancé mi-avril. Quinze équipes, quinze épisodes ! Vous découvrirez Didier, Zita, Charlie, Euthymie, Léonardo… Toutes et tous passent par une faille temporelle qui s’est ouverte en 2020 et projette nos « héros » en … 2054. Quand ils reviennent ils ne sont plus tout à fait les mêmes. Si la trame de récit est la même, chaque équipe a construit son propre univers, poétique, humoristique, interpellant… Dans la série Les imagineur.e.s on retrouve des éléments récurrents : les pirogues, les gloutons… et l’on explore une multitude d’enjeux de société : l’éducation, l’alimentation, le travail, etc.

Parce qu’il est difficile d’écouter l’ensemble des épisodes d’affilée, nous vous inviterons – au fil des Nouvelle-s – à découvrir deux épisodes, sans ordre préétabli. Aujourd’hui nous vous proposons OTIS et THEO

Deux épisodes des Imagineur.e.s à découvrir

OTIS, épisode 15, est le seul à ne pas VOIR le monde de 2054. Il reste en effet coincé dans l’ascenseur qui devait le conduire à un entretien d’embauche. Mais ce qu’il entend à travers les portes obstinément closes de l’ascenseur arrêté, ce sont des bribes de conversation du monde du travail de 2054. Et il comprend que les choses ont très nettement évolué. Quand enfin il ressort de l’ascenseur, il ne voit plus son avenir de la même façon.

THEO, épisode 6, est aussi embarqué dans un monde du travail profondément changé, mais lui, il est pour de bon avec les personnes qui bossent chez BiclouBayou. Il y découvre la comptabilité du vivant mais aussi comment la poésie et le jardinage font partie d’une journée de travail ordinaire.

Et aussi…

Le confinement – toujours – a obligé à revoir le format de nombreuses interventions avec souvent de belles surprises : L’ICEB, club de professionnels du bâtiment avait l’habitude de faire des Cafés autour de personnalités. Nous avons réuni plus de 90 personnes début juin pour parler imaginaires et mondes d’après en esquissant des récits d’une Ville qui aurait renoué avec le Vivant. C’était court mais enthousiasmant et, nous l’espérons, porteur de suites !

Intervention d’une journée au T-Camp du Campus de la Transition, toujours en ligne ! Quels imaginaires pour réussir la transition ? Nous avons partagé la notion de non-dystopie, avec un intérêt réel de la vingtaine d’étudiants. L’atelier de récits prospectifs sur les nouveaux imaginaires démocratiques a conduit une des participantes à dire à la fin : « j’ai l’impression d’avoir pu toucher du doigt le futur. » Et si l’enjeu était bien là : donner une « présence » au futur suffisamment forte pour que chacun se sente l’envie de le construire ?!

INVITATIONS

Une nouvelle expérience d’anticipation : 2050, la Nanoubie existe depuis 10 ans et vous en êtes citoyen.ne !

Et si nous pouvions devenir citoyen.ne.s de la Nanoubie ? Un pays imaginaire qui relierait progressivement les personnes, territoires et initiatives qui contribuent au maintien de l’habitabilité de la Terre ! Pas une U-topie (un lieu ailleurs) puisque ce pays est bien situé sur cette petite et fragile planète du système solaire, pas une démarche idéaliste puisqu’il porte en germe au contraire le seul réalisme possible par rapport aux défis présents et à venir : la coopération.

Nous nous projetterons en 2050 pour construire nos récits d’anticipation collectifs. Voici le pitch : depuis le 22 avril 2040, la Nanoubie est devenue le 198ème Etat reconnu par les Nations-Unies. Le vieux rêve né au début du siècle, longtemps simple projet réunissant des représentants des sociétés civiques aux quatre coins du monde avait enfin acquis une reconnaissance juridique. En 2050, on vient de fêter les 10 ans du seul Etat mondial (en dehors du Vatican), l’Etat dont le territoire est la Terre et auquel tout être humain peut librement demander à devenir citoyen. Vous êtes sollicité.e, en tant que Nanoubien.ne pour donner votre témoignage sur ce que vous avez pu faire en tant que Nanoubien.ne !

Un atelier de récits d’anticipation dans le cadre des Dialogues en Humanité (cette année ils se déroulent en ligne ce qui affranchit des distances … mais nous éloigne des cèdres du Parc de la Tête d’Or !). Patrick VIVERET, à l’origine de cet « imaginaire terrestre », introduira l’atelier en donnant la genèse de la Nanoubie. Animation Hervé Chaygneaud-Dupuy en compagnie de plusieurs membres du réseau Imaginarium-s. Il n’est pas trop tard pour en faire partie !

Rendez-vous dimanche 5 juillet de 13h00 à 14h45.

Restons en contact

Si vous organisez des événements pour explorer des imaginaires pluriels du futur, dites-le nous et voyons comment nous pourrions œuvrer ensemble. Dans tous les cas, nous relayerons avec plaisir l’information auprès des autres imagineur.e.s !

A bientôt pour de nouvelles aventures.

Hervé Chaygneaud-Dupuy,
Emile Hooge,
et toute l’équipe d’Imaginarium-s